Un logement inoccupé depuis plus de trois mois peut ouvrir droit à une exonération de taxe sur les logements vacants, à condition de respecter certains critères précis. La déclaration doit être effectuée dans des délais stricts auprès de l’administration fiscale, sous peine de sanctions financières.Les règles varient selon la commune et le type de logement, tandis que les justificatifs exigés diffèrent selon la situation du propriétaire. Une erreur dans la procédure peut entraîner le refus de l’exonération, voire un redressement fiscal.
Logement vacant : ce que prévoit la loi et les conditions pour bénéficier d’une exonération fiscale
La fiscalité des logements vacants ne tolère aucune approximation. Le cadre légal, défini par le code général des impôts, précise la notion de vacance : pour qu’un appartement ou une maison soit reconnu comme vacant, il doit rester inhabité et dépourvu de meubles pendant au moins un an, sauf circonstances exceptionnelles. Personne ne doit occuper les lieux, ni locataire, ni propriétaire, personne ne doit y vivre, tout simplement.
Dans les communes de plus de 50 000 habitants où la demande de logements est forte, la taxe sur les logements vacants (TLV) s’applique. Certaines municipalités instaurent également la taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV). Le taux, comme le calcul de la taxe, varie selon la zone géographique. Chaque année, les propriétaires concernés reçoivent un avis spécifique de la part de l’administration fiscale.
Les situations ouvrant droit à l’exonération
Plusieurs cas de figure permettent d’envisager l’exonération :
- Le logement reste inoccupé malgré une mise en vente ou en location, ou bien il fait l’objet de travaux rendant impossible toute occupation.
- Le propriétaire est en mesure de démontrer une vacance réelle, complète et prolongée.
- Certains biens très particuliers, à l’image des logements voués à la démolition ou gravement endommagés à la suite d’un sinistre, relèvent également de ce dispositif.
Si toutes les conditions sont réunies, il devient possible de demander la levée de la taxe foncière et de la taxe annuelle sur les logements vacants. Attention toutefois : rien n’est automatique, la charge de la preuve repose toujours sur le propriétaire. Il doit constituer un dossier solide, avec factures d’énergie, attestations de travaux ou relevés de consommation. Un dossier incomplet ou mal préparé, et la réponse tombe sans appel : l’imposition s’applique.
Démarches pour déclarer un logement vide et obtenir la remise de taxe foncière
Pour faire reconnaître la vacance d’un logement, il faut suivre une procédure précise, étape par étape. Dès que le logement devient vide et sans meubles, les propriétaires doivent avertir le service des impôts fonciers, soit via leur espace personnel sur impots.gouv.fr, soit par courrier adressé au centre des finances publiques auquel ils sont rattachés.
Une simple déclaration ne suffit pas : l’administration réclame des preuves tangibles d’inoccupation. Voici quelques exemples concrets : factures d’électricité ou d’eau affichant une consommation très faible, attestations de mise en vente ou en location, devis ou factures de travaux majeurs rendant l’habitation impossible. Il est aussi judicieux de joindre des relevés de compteurs, voire un état des lieux attestant que l’appartement ou la maison ne peut être occupé.
Constituer un dossier convaincant
Voici les pièces à réunir pour prouver la vacance :
- Factures d’électricité, de gaz ou d’eau qui affichent une consommation quasi inexistante
- Justificatifs de travaux : photos à l’appui, devis détaillés, attestations d’entreprises intervenantes
- Preuves de mise en vente ou en location : annonces publiées, mandats de vente signés, échanges de courriels avec des agences immobilières
La demande d’exonération de taxe foncière doit impérativement être adressée avant la date limite fixée chaque année. Si la vacance est reconnue, la taxe foncière pourra être suspendue ou réduite, en fonction de la situation. Il reste recommandé de conserver tous les justificatifs à portée de main, car des contrôles peuvent survenir à tout moment.
Conseils pratiques pour limiter les erreurs et augmenter vos chances de réussite
Avant de démarrer, il est indispensable de bien vérifier la définition du logement vacant telle qu’elle figure dans le code des impôts. La vacance doit être subie et totale, sur une durée d’au moins 90 jours consécutifs dans l’année. Les logements en travaux lourds ou en vente, totalement inoccupés, entrent dans ce cadre. A contrario, une résidence secondaire ou un logement occupé même partiellement ne permettent pas d’accéder à ce régime.
Un dossier solide se prépare avec rigueur. L’administration attend des éléments concrets, pas de simples déclarations. Il faut donc réunir factures d’énergie, justificatifs de travaux, refus de location ou mandats d’agence immobilière. Un dossier bien construit limite les échanges interminables avec les impôts et accélère le traitement de la demande.
Les délais sont à respecter à la lettre. Pour obtenir une exonération de taxe foncière ou de taxe sur les logements vacants (TLV, THLV), la demande doit être déposée dans l’année suivant le début de la vacance, et impérativement avant la clôture des déclarations. Même un léger retard suffit à fermer la porte à toute remise pour l’année concernée.
Le téléservice d’impots.gouv.fr permet de transmettre les pièces justificatives, de suivre sa demande et de consulter l’état d’avancement du dossier. En cas de refus ou de réponse incomplète, il ne faut pas hésiter à solliciter le service compétent pour obtenir des précisions ou contester la décision.
Il importe aussi de surveiller l’évolution de la fiscalité des logements vacants. Les règles, les zonages et les dispositifs (TLV, THLV) changent fréquemment, en particulier dans les secteurs où la pression locative est forte. Une veille régulière sur les sites institutionnels ou auprès d’un professionnel averti peut s’avérer précieuse lorsqu’il s’agit de faire valoir ses droits.
Maîtriser le parcours administratif d’un logement vide, c’est transformer une source de tracas en gain potentiel. Entre démarches, justificatifs et vigilance, le défi se joue sur la précision. À chacun de tirer parti de ces règles pour que le vide ne soit plus synonyme de perte, mais d’opportunité à saisir.


